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Amérique, 2041

Nouvelle dystopique

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Chapitre 11 – Fin

John retrouvait peu à peu ses esprits. Il sentait les secousses du véhicule qui se déplaçait sur la route endommagée. Il sentait la douleur de ses poignets, provoquée par les menottes. Il sentait le froid et la dureté des parois du fourgon. Il avait du mal à respirer, à cause du sac qu’on lui avait attaché autour de la tête.

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Chapitre 10

La ville avait presque l’air abandonnée. La plupart des fenêtres des grands gratte-ciels étaient éteintes ou leurs volets tirés, les commerces avaient fermés et l’avenue était encore plus vide de passants qu’à l’arrivée. Il ne restait guère que l’éclairage public et quelques néons pour illuminer la ville. Les quelques habitants qui se trouvaient encore dans les environs, marchaient vite, baissant la tête et filants droit. Pas de voitures. Seuls résonnaient de temps en temps le vrombissement des camions blindés et des cris trop lointains pour être intelligibles. John avait également l’impression d’entendre de temps à autre un hélicoptère. C’était possible, après tout. Il y avait une piste d’atterrissage pour hélicos au sommet de la Trump Tower.

John aperçut à quelques mètres de lui la station de métro d’où il était sorti avec Aleister. Il accéléra le pas. La plupart des anons postés dans les rues avaient disparus, mais il en restait beaucoup perché dans les hauteurs des bâtiments. Il n’avait pas envie de se trouver dans le coin si des coups de feu partaient.

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Chapitre 9

« On l’a cherché. », lança le premier anon. « C’est notre faute, tu croyais que le gouvernement allait rester sans réagir ? Je suis sûr que c’est un shill qui a lancé cette idée ! »

John fixa son regard sur son exemplaire du National Enquirer pendant que les deux miliciens passaient à côté de lui.

Le second anon grogna.

« Tu crois que le Président nous en veut parce qu’on a malmené quelques normies ? Tu crois que le Président pourrait nous en vouloir, alors qu’on fait exactement ce qu’il souhaite depuis des années ? Les shills sont au gouvernement, pas sur /pol/, tu m’entends ? Au gouvernement !

– Tu crois qu’ils vont pas tenter de prendre /pol/ ? Le forum est bourré de globalistes sous couverture qui font semblant de critiquer le gouvernement. Qu’est-ce qui te dit qu’ils ont pas hacké le système, et qu’ils ont pas pris des places à la tête du mouvement ? Il y en a peut-être même dans cette pièce ! »

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Chapitre 8

Il faisait froid et son imperméable le protégeait de l’humidité. Pourtant, John sentait des gouttes de sueur perler sur son corps.

Le stress. C’était le stress.

Il hésita à retirer sa capuche. Il ne tombait plus que quelques gouttes de pluie, mais l’endroit grouillait d’anons.

« Evidemment, tout ça peut paraître un peu extrême », poursuivit Aleister. « Mais les normies relativiseraient ce que nous faisons s’ils savaient ce que nous avons à affronter. Soros a recourt à des pouvoirs supérieurs. Nous avons Kek, mais il a Moloch. »

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Chapitre 7

John toqua à la porte en bois qui se trouvait devant lui. La plaque en métal indiquait bien « Aleister Rodgers ».

Il n’entendit pas de bruit. Il se demanda un bref instant si Aleister résidait toujours dans cet immeuble, mais il n’y avait pas de raison que ce ne soit pas le cas. Il y avait toujours un paillasson, le reste du couloir était propre, les lampes fonctionnaient, le bâtiment n’était pas abandonné. Bon, il y avait toujours la possibilité qu’il soit de sortie, mais, voilà, c’était d’Aleister dont il s’agissait.

Il toqua à nouveau, avec plus d’insistance.

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Chapitre 6

« Ca va vous plaire New York. C’est une grande ville, formidable ville. Tellement grand, croyez-moi, c’est incroyable. »

John regarda par la fenêtre de la voiture, sans prêter attention au bavardage du conducteur du taxi. Le véhicule se traînait misérablement dans les bouchons de la sortie du tunnel qui reliait Jersey City à Manhattan.

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Chapitre 5

John s’appuya contre un arbre pour reprendre son souffle. Il tombait une pluie glaciale, mais ses poumons et sa gorge le brûlaient. Son imperméable et son pantalon gorgés d’eau lui collaient à la peau.

Il inspira et expira longuement avant de regarder derrière lui. La pluie et la brume l’empêchaient de discerner plus loin que quelques arbres. Il ne voyait pas de signe de son poursuivant, mais n’était pas si loin des rails. Le bruit de la pluie était suffisamment fort pour couvrir d’éventuels bruits de pas ou cris humains. Péniblement, il se remit en marche.

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Chapitre 4

John parcourut le train à la recherche d’une place. Le véhicule semblait encore en bon état. Avec de la chance, il parviendrait jusqu’à New York sans incident technique. A ce moment, il serait aux alentours de 22 heures. Là-bas, il se trouverait un hôtel, y passerait la nuit, et irait voir sa vieille connaissance le lendemain dans l’après-midi. Ce cher Aleister… Pourquoi ne pas l’appeler directement, tiens ? Il y avait moyen d’économiser un temps précieux.

Non, non, c’était trop risqué. /pol/ n’était pas la police et n’avait vraisemblablement pas les moyens de le mettre sur écoute, mais on ne savait jamais. De toute façon, il plaiderait mieux son innocence en pleine journée qu’au milieu de la nuit.

John repéra une place en bout de rangée, autour d’une table à quatre sièges. D’un côté de la table, côté couloir, était assis un gros homme barbu en chemise et cravate, en train de taper sur son ordinateur portable. A sa droite se tenait un jeune homme affublé d’une casquette rouge Make America Great Again, le regard perdu dans le vide, observant à travers la fenêtre. De l’autre côté de la table, contre la fenêtre, une femme d’âge moyen écoutait de la musique avec un baladeur, les yeux fermés. John s’assit à la place restante, côté couloir, au moment où le train démarrait. Lire la suite

Chapitre 3

La pluie tombait encore lorsque John descendit du bus, en face de la gare. La grande façade en granit blanc restait visible au travers du brouillard, et notamment les trois grandes arcades qui servaient d’entrée. Malgré la brume, à vrai dire, le bâtiment montrait son âge. Vingt ans plus tôt, elle était encore l’Union Station. Des colonnes ioniques encadraient les arcades, et étaient elles-mêmes surmontées de statues dédiées au progrès du transport ferroviaire. Entre les statues, des textes gravés dans le granit décrivaient les bienfaits du feu, de l’électricité, de l’imagination ou des arts mécaniques. A présent, trois bâches violettes aux lettres blanches recouvraient les textes, et proclamaient tour à tour « TRUMP STATION », « MAKE AMERICA FAST AGAIN », « TRUMP INFRASTRUCTURES ».

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